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Église en Afrique

Highslide JS
En route pour la messe de clôture du synode, devant le portail de la maison généralice des Pères Blancs (Padri Bianchi) à Rome. De g. à dr. Donald MacLeod, MAfr écossais, traducteur et reviseur de textes en anglais pour quelques évêques intervenant au synode ; Mgr Claude Rault, MAfr, évêque du Sahara, Algérie ; Mgr Lucas Abadamloora, évêque de Navrongo-Bolgatanga, Ghana ; un laïc d'Afrique de l'Ouest francophone, observateur au synode.
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UN REGARD SUR L'AFRIQUE D'AUJOURD'HUI
Deuxième synode romain sur l'Église d'Afrique

Le synode pour l'Afrique
est une assemblée des représentants
des évêques de toute l'Afrique.

Trois Évêques "Missionnaires d'Afrique" (Pères Blancs)
ont fait partie de ce deuxième synode pour l'Afrique,
Mgr Martin Happe, Allemand,
évêque de Nouakchott en Maurétanie,
Mgr Claude Rault, Français,
évêque du Sahara en Algérie,
et Mgr Francesco Silota, Mozambicain,
évêque de Chimoio au Mozambique.

Le P. Gérard Chabanon, Français,
supérieur général des Missionnaires d'Afrique
et le P. Sean O'Leary, Irlandais,
missionnaire en Afrique du Sud,
participaient aussi aux séances de travail.
Les évêques se sont intéressé tout autant
à la vie de l'Église, des chrétiens,
qu'à celle de tous les Africains et Africaines du continent.

À la fin du Synode, il est de coutume de publier un message
pour résumer les idées fortes qui ont marqué
les débats pendant deux semaines.

Vendredi, le 23 octobre 2009,
au cours d'une assemblée générale du synode pour l'Afrique,
a été présenté et voté le message final.
La séance était présidée par le cardinal Wilfrid Fox Napier,
d'Afrique du Sud,
en présence du Saint-Père.

En voici quelques passages
sélectionnés par le VIS (Vatican Information Service)

LE REGARD
DES ÉVÊQUES AFRICAINS
SUR L'AFRIQUE D'AUJOURD'HUI

L'Afrique est riche en ressources humaines et naturelles,
beaucoup parmi nos peuples croupissent
dans la pauvreté et la misère,
les guerres et les conflits, les crises et le chaos...
Cette situation est attribuée largement
aux décisions et aux activités humaines des gens
qui n'ont aucun souci du bien commun
et cela souvent par le biais d'une complicité tragique
et d'un complot criminel des dirigeants locaux et des intérêts extérieurs.

Il y a de très bonnes nouvelles en plusieurs endroits en Afrique.
Mais les moyens médiatiques modernes
tendent souvent à accentuer les mauvaises nouvelles
et ainsi semblent se concentrer davantage
sur nos infortunes et nos déboires
plutôt que de relever l'effort positif qui s'accomplit.
Des signes abondants démontrent plusieurs initiatives
qui tendent à l'apport des solutions effectives à nos problèmes.

À LA LUMIERE DE LA FOI
Le vrai pardon promeut la justice de la conversion et de la réparation
et conduit à la paix qui va jusqu'à la racine du conflit
et qui transforme les victimes et les ennemis de jadis
en amis, en frères et en sœurs.
Comme c'est Dieu seul qui rend possible
ce genre de réconciliation,
nous devons, dans ce ministère, réserver une place privilégiée
à la prière et aux sacrements,
spécialement au sacrement de la réconciliation.

L'ÉGLISE UNIVERSELLE
L'Église en Afrique rend grâces à Dieu
pour ses nombreux fils et filles missionnaires
en d'autres continents.
Dans ce merveilleux échange,
il importe que les partenaires continuent de travailler
à développer des relations
transparentes, honnêtes, dignes et chrétiennes.
Pendant les séances du Synode,
elle a accepté de se laisser interpeller sur l'intérêt
à porter aux Africains vivant dans d'autres continents
surtout en Amérique.

Un spécial merci aux missionnaires
qui sont restés avec leur peuple
même en temps de guerre ou de crise grave.
Certains ont même payé de leur vie leur fidélité.

L'EGLISE EN AFRIQUE
Nous sommes convaincus
que l'action première et spécifique de l'Église
en faveur du peuple africain,
c'est la proclamation de l'Évangile du Christ.
Nous acceptons la responsabilité
d'être des instruments de réconciliation, de justice et de paix
dans nos communautés, des ambassadeurs du Christ.
Tous les membres de l'Église, clergé, religieux et fidèles laïcs
doivent se mobiliser
pour ouvrer ensemble à l'unité qui fait la force.
Au niveau
de nos différentes conférences et assemblées d'évêques,
nous nous mettons nous-mêmes au défi
de travailler dans l'unité pour donner à nos pays respectifs
le modèle d'une société réconciliée.

Chaque évêque doit inscrire en priorité
dans le programme diocésain
les problèmes de réconciliation, de justice et de paix.
Nos diocèses doivent se présenter
comme des modèles de bonne gouvernance,
de transparence et de bonne gestion financière.
Nous devons continuer à lutter contre la pauvreté
qui est l'obstacle majeur
sur les chemins de la paix et de la réconciliation.

En cette année sacerdotale,
chers frères dans le sacerdoce ,
nous nous adressons à vous
qui occupez une position clé dans l'apostolat du diocèse.
Catéchèse, formation de laïcs,
accompagnement des responsables haut-placés,
rien de tout cela ne s'en ira chercher loin
sans votre plein engagement dans vos paroisses
et dans vos postes de responsabilités.
Le synode vous exhorte
à ne pas négliger votre devoir en ce domaine.
Votre fidélité aux engagements sacerdotaux,
surtout le célibat dans la chasteté
et le détachement de biens matériels,
est un témoignage éloquent pour le peuple de Dieu.
Ces derniers temps, l'Afrique est devenue aussi
un terrain fertile pour les vocations .
Le synode vous exhorte à être performants
au maximum dans votre apostolat
en communion loyale et engagée avec la hiérarchie locale.
Le synode remercie en particulier
les religieuses pour le don d'elles-mêmes
et le zèle apostolique dans les domaines de la santé,
de l'éducation et du développement.

Highslide JS
Dans la cour de notre maison généralice, à Rome, les cinq Pères Blancs (MAfr) qui ont participé au deuxième synode romain pour l'Afrique. De g. à dr., Mgr Martin Happe, Allemand, évêque de Nouakchott, Maurétanie ; Francisco João Silota, Mozambicain, évêque de Chimoio, Mozambique ; le P. Gérard Chabanon, Français, supérieur général des Missionnaires d'Afrique ; Mgr Claude Rault, Français, évêque du Sahara, Algérie ; le P. Sean O'Leary, Irlandais, directeur de l'Institut pour la paix et la réconciliation, Johannesburg, Afrique du Sud.
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Ce Synode s'adresse avec une profonde affection
aux fidèles laïcs africains .
Vous êtes l'Église de Dieu
dans les lieux publics de notre société.
Grâce à vous, la vie et le témoignage de l'Église
sont rendus plus visibles au monde.
Ceci demande que vous permettiez à la foi chrétienne
d'imprégner tous les aspects et toutes les dimensions de votre vie,
en famille, au travail, dans l'exercice de diverses professions,
dans la politique et dans la vie publique.
Ce n'est pas une tâche facile.
C'est pourquoi vous devez accéder aux moyens de la grâce
par la prière et la fréquentation des sacrements.

Le Synode vous réserve
un message très important et spécial,
chers catholiques africains qui ouvrez dans la vie publique .
Nous louons la bravoure de beaucoup d'entre vous qui,
passant outre les dangers et les insécurités des politiques en Afrique,
vous donnez pour le service public de votre peuple,
pour promouvoir le bien commun et le règne divin
de la justice, de l'amour et de la paix,
dans la ligne des enseignements de l'Église.
L'Afrique a besoin de saints
dans les hautes sphères politiques,
de saints politiciens qui combattent la corruption,
travaillent pour le bien du peuple et savent mobiliser
les autres hommes et femmes de bonne volonté
pour s'allier contre le mal commun qui assiège nos pays.

Nous nous adressons maintenant
à nos chères familles catholiques de l'Afrique .
Nous vous remercions de rester obstinément fidèles
aux idéaux de la famille chrétienne
et de maintenir les plus belles valeurs de notre famille africaine.
Nous vous invitons à la vigilance
contre les idéologies virulentes et nocives venant d'outre-mer
et se donnant le nom de culture moderne.
Continuez à accueillir les enfants
comme un don de Dieu
et les former à la connaissance et à la crainte de Dieu,
à être de futurs agents
de la réconciliation, de la justice et de la paix.
La pauvreté rend encore des parents incapables
de bien prendre soin de leurs enfants,
ceci entraîne des conséquences désastreuses.

Nous lançons un appel
aux gouvernements et aux autorités civiles
de se souvenir qu'une nation
dont la législation détruit la famille agit à son propre détriment.
Bien des familles ne demandent que le minimum pour la survie.
Elles ont droit de vivre.

On doit globalement reconnaître et promouvoir
la contribution spécifique des femmes ,
non seulement au foyer comme épouses et mères
mais aussi dans la sphère sociale.
Le Synode recommande à nos Églises locales
de dépasser des déclarations générales
pour mettre sur pied des structures concrètes
en vue de réaliser la participation des femmes aux niveaux adéquats.

Nous avons besoin de prêter une attention particulière
aux jeunes adultes .
Ils sont souvent négligés, laissés pour compte
et la cible de toutes sortes d'idéologies et de sectes.
Ce sont les mêmes qu'on recrute
et qu'on emploie pour faire violence.
Nous invitons ardemment toutes les Églises locales
à réserver à l'apostolat des jeunes une place de choix.

APPEL Á LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE
L'Église est sans pareille dans la lutte contre le SIDA
et dans les soins apportés
à ceux qui en sont infectés et affectés en Afrique.
D'accord avec le Pape,
ce Synode avertit solennellement
que le problème ne se saurait se résoudre
par la distribution de prophylactiques.
Nous en appelons à la conscience
de ceux qui sont vraiment intéressés
à arrêter la transmission du SIDA par voie sexuelle,
pour qu'ils reconnaissent les succès déjà obtenus
par les programmes
qui proposent l'abstinence pour les non-mariés
et la fidélité pour les mariés.

Aux grandes puissances de ce monde,
nous demandons de traiter l'Afrique
avec respect et dignité.
L'Afrique en appelait
à un changement de l'ordre économique mondial ,
à cause des structures injustes qui s'entassaient sur elle.
La récente turbulence dans le monde financier
démontre qu'il est temps d'opérer
des changements radicaux dans les règles du jeu.
Mais ce serait une autre tragédie
si ce réajustement devait viser les intérêts des riches au détriment des pauvres.

La plupart des conflits, des guerres
et des situations de pauvreté en Afrique
proviennent essentiellement de ces structures injustes.
Un changement est nécessaire
en ce qui concerne le poids de la dette
pesant sur les nations pauvres, poids mortel pour leurs enfants.
Les multinationales
doivent arrêter la dévastation criminelle
de l'environnement dans leur vorace exploitation
des ressources naturelles.
C'est une politique à courte vue
qui fomente des guerres
pour obtenir des gains rapides à partir du chaos,
au prix des vies humaines et de sang répandu.
N'y aurait-il personne dans leur rang
qui soit capable et désireux
d'arrêter ces crimes contre l'humanité?

Highslide JS
Le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, archevêque d'Accra, Ghana, vient d'apprendre que le pape vient de le nommer président du Conseil pontifical pour la justice et la paix, ce qui fait de lui un des évêques africains les plus en vue à Rome et dans le monde. Photo prise au cours d'un repas à la maison généralice des Pères Blancs, le jour de sa nomination.
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AFRIQUE, LÈVE TOI !
Nous saluons les efforts fournis
pour libérer l'Afrique de l'aliénation et de l'esclavage politique.
Maintenant l'Afrique doit faire face au défi
de procurer à ses enfants un niveau et des conditions convenables de vie.
Au niveau politique,
on enregistre du progrès dans l'intégration continentale.
Sur le front économique,
l'Afrique a essayé d'élaborer une stratégie
pour le développement, appelé NEPAD.
Le Synode encourage tous ces efforts,
car ces structures établissent
un lien évident entre l'indépendance économique de l'Afrique
et le règne de la bonne gouvernance.
Malheureusement, le nœud du problème,
c'est que pour la plupart des nations africaines,
ces splendides documents du NEPAD
ne sont encore que lettre morte.

Le synode félicite chaleureusement
les quelques pays africains qui ont fait le choix
d'une authentique démocratie .
Il s'attriste en remarquant
que c'est la honte qui caractérise plus d'un pays africain.
Nous pensons en particulier
au cas lamentable de la Somalie
empêtrée dans de violents conflits
depuis près de deux décennies,
avec des conséquences sur les nations avoisinantes.
Nous n'oublions pas non plus la tragédie
des millions de personnes dans la région des Grands Lacs
et la durable crise au nord de l'Ouganda ,
au Darfour ou en Guinée Conakry .
Quel que soit le niveau
de responsabilité attribuable aux intérêts étrangers,
on ne peut nier une honteuse et tragique complicité
des leaders locaux, des politiciens
qui trahissent et mettent leurs nations aux enchères.

METTONS ENSEMBLE
NOS RESSOURCES SPIRITUELLES

Déterminé à préserver son patrimoine spirituel
contre toute agression et contagion,
le Synode en appelle à une collaboration œcuménique plus intense
avec les frères et sœurs des autres traditions chrétiennes .
Nous espérons aussi
plus de dialogue et de coopération avec les musulmans ,
les adeptes des religions traditionnelles
et ceux d'autres croyances .
Le fanatisme religieux
cause des dégâts en maint endroits en Afrique.
De notre culture religieuse traditionnelle,
nous les Africains avons un sens inné du Dieu Créateur.
Quand cette ferveur religieuse
en vient à être mal orientée par les fanatiques
ou manipulée par les politiciens,
des conflits surgissent et menacent d'engloutir tout le monde.
Toutefois, quand les religions reçoivent une orientation appropriée,
elles constituent une grande force pour le bien,
spécialement pour la paix et la réconciliation.
Pendant ce synode, plusieurs évêques ont témoigné
de leur succès sur les chemins du dialogue avec les musulmans .
La réconciliation, la justice et la paix
constituent en général la préoccupation des communautés entières
en dehors de la problématique des croyances.
En se basant sur les nombreuses valeurs qui leur sont communes,
musulmans et chrétiens peuvent œuvrer ensemble
à bâtir dans nos pays le règne de la paix et de la réconciliation.
La liberté de religion inclut aussi la liberté de partager sa foi,
de la proposer et non de l'imposer,
d'accepter et d'accueillir des convertis.
Les nations qui, de par la loi, interdisent à leurs citoyens
d'embrasser la foi les privent du droit humain fondamental
celui de choisir librement sa religion .
Cela dure depuis trop longtemps,
et il est temps de revoir la situation
sous l'angle du respect pour les droits fondamentaux de l'homme.
Ce synode avertit qu'une telle restriction
des libertés empêche le dialogue sincère
et porte entorse à une authentique collaboration.
Puisque des chrétiens qui décident de changer de religion
sont accueillis dans les rangs des musulmans,
on doit pouvoir aboutir à la réciprocité dans cette affaire.
La bonne direction, c'est le respect mutuel.

SUITE À DONNER AU SYNODE
CONSEIL SPÉCIAL DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE POUR L'AFRIQUE

Par ailleurs, Mgr Nikola Eterovic,
secrétaire général du synode des évêques,
a communiqué les noms des 12 membres élus
du Conseil spécial pour l'Afrique
du secrétariat général
et des 3 membres désignés par le Saint-Père :
Cardinal Wilfrid Fox NAPIER, OFM,
archevêque de Durban (Afrique du Sud).
Cardinal Francis ARINZE,
préfet émérite de la Congrégation pour le culte Divin (Nigeria)
Cardinal Peter Kodwo Appiah TURKSON,
archevêque de Cape Coast (Ghana)
et président des Conférences épiscopales de l'Afrique de l'Ouest
Cardinal Théodore-Adrien SARR,
archevêque de Dakar (Sénégal)
et vice- président du Symposium
des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar
Cardinal John NJUE,
archevêque de Nairobi
et président de la Conférence épiscopale du Kenya
Mgr Laurent MONSENGWO PASINYA,
archevêque de Kinshasa (RDC)
Mgr Norbert Wendelin MTEGA,
archevêque de Songea (Tanzanie),
Mgr John Olorunfemi ONAIYEKAN,
archevêque d'Abuja (Nigeria)
Mgr Simon NTAMWANA, archevêque de Gitega (Burundi)
et Président des Conférences épiscopales de l'Afrique centrale
Mgr Cornelius Fontem ESUA,
archevêque de Bamenda (Cameroun)
Mgr Odon-Marie Arsène RAZANAKOLONA,
archevêque de Tananarive (Madagascar)
Mgr Youssef Ibrahim SARRAF,
évêque chaldéen du Caire (Egypte)
Mgr Maroun Elias LAHHAM,
évêque de Tunis (Tunisie)
Mgr.Edmond DJITANGAR
évêque de Sarh (Tchad)
Mgr Francisco Joâo SILOTA, M.Afr. (Père Blanc),
évêque de Chimoio (Mozambique)
et vice-président du Symposium
des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar.

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