Projet 17: Même si on n'en sauvait que deux...
(Patrice Belem, M. Afr.)
Notre confrère Patrice Belem nous écrit de Bujumbura, Burundi.
Bonjour ! Comment ça va ? Je m'appelle Patrice Belem.
Je suis du Burkina Faso (mon pays d'origine) et missionnaire au Burundi,
à l'autre bout de l'Afrique. Je suis un Père Blanc de la nouvelle génération.
J
'ai 33 ans et je fais équipe avec deux autres confrères, John Bosco Naa,
un Ghanéen de 39 ans (notre curé) et Roger Ouedraogo, un Burkinabè de 36 ans.
J'aurais voulu écrire plus tôt à la Lettre aux amis,
mais ces jours-ci à Bujumbura (capitale du Burundi)
nous avons subi des coupures d’électricité.
Je suis content qu'aujourd’hui il ait du courant pour vous écrire.
En communauté nous pensons favoriser l’insertion sociale des jeunes en détresse.
Des jeunes sont venus me demander de faire quelque chose pour eux.
La paroisse organise des activités pour les jeunes mais, eux, ils avaient peur de venir.
Ils n'ont pas eu la chance d’aller à l’école et se sont retrouvés
dans un circuit de fumeurs de drogue. Ils aimeraient vraiment en sortir.
Je leur ai demandé ce qu’ils souhaitaient comme activités.

Certains désiraient faire de la mécanique et avoir leur permis de conduire
en vue de décrocher un petit boulot de mécanicien auto ou de chauffeur de taxi.
D’autres souhaitaient faire une formation en informatique.
Il y a de la demande en ville pour les photos,
pour des réalisations vidéo à l'occasion des baptêmes et des mariages
ou l'impression de faire-part et de livrets souvenir.
Avec un petit studio audio-visuel,
des jeunes se feraient un petit revenu
en rendant service.
Ils gagneraient plus dignement leur vie et seraient plus fiers d'eux-mêmes.
D'autres jeunes pensent à pousser leurs études le plus loin possible.
Mais ils n’ont pas de soutien. Pourquoi ?

Ou bien les parents sont pauvres et démunis ou bien ce sont des orphelins.
Ceux dont les parents ont des moyens ne viennent pas demander de l'aide à la mission.
Je ne peux vous écrire ici qu'à propos de ceux qui sont dans le besoin.
Les soutenir dans un petit programme de formation informelle
(en dehors des écoles officielles), ce serait les aider à éviter l’échec de leur vie.
Combien en sauverons-nous sur 20 ? Même si ce n'était que deux,
est-ce que ça n'en vaudrait pas la peine ?
En résumé, concernant notre demande :
notre équipe de jeunes Pères Blancs africains souhaite aider des jeunes
en difficulté
à trouver une bonne place dans la vie.
Les projets, nous les réfléchissons ensemble
et nous les exécutons aussi en communauté.
Je sais que, si nous demandons l'aide des bienfaiteurs, nous devrons rendre compte.
C'est logique. D’une manière ordinaire, si quelqu’un te donne quelque chose,
il est normal de dire merci et de rapporter comment ce qu’il t’a donné
a servi en lui montrant les fruits de son don (l’exemple de l’Évangile des talents).
C’est un minimum de savoir-vivre et de respect pour soi-même.
Je vous écrirai donc d'ici un an.

