Homélie - En attente de Noël - qui
êtes-vous?
Jean-Paul Windbarka Guibila

Ce jour là, une professeure qui nous donne cours
à l'Institut de formation humaine
intégrale de Montréal (IFHIM)
entre dans la
salle de cours,
mais les étudiants continuaient à jaser et à rire aux
éclats.
Malgré son appel au calme, rien à faire.
Alors, elle parle à
l'oreille d'une dame québécoise
et toutes deux se mettent à rire.
Quand
tout redevint calme notre professeure nous dit :
" Savez vous ce que nous
autres, Québécois,
nous disons quand une classe est agitée? "
La même dame
québécoise à laquelle
elle venait juste de parler répondit :
" Cela veut
dire que la neige est proche. "
Et en effet, cinq minutes après, il commence
à neiger.
Voila ce qu'on appelle la lecture des signes des temps,
premier
thème abordé par Jésus aujourd'hui.
Lire les signes de temps, c'est regarder
les événements,
le monde et les autres avec le regard de Dieu :
un regard
d'amour et d'espérance.
Lire les signes des temps,
c'est voir Dieu présent
et agissant dans ma vie,
dans la vie des autres
et dans la vie du
monde.
C'est discerner ce qui m'appartient,
ce qui appartient aux autres
et ce qui appartient a Dieu dans l'aujourd'hui de la vie.
L'espérance,
c'est le grand thème
et je dirais c'est ce qui donne sens
à cette période
de l'Avent.
Le Christ nous dit que la lecture des signes des temps
nous
amène à vivre sans peur et dans craindre la déception.
Pour nous aider a
entrer de plein pieds dans cet Avent,
donc dans cette espérance,
moi qui
suis un homme et un célibataire,
je suis mal placé
pour reprendre l'image
d'une femme enceinte.
C'est une image très connue.
Mais peut-être qu'en
entrant à l'intérieur de nous-mêmes,
nous pourrons nous demander
quels
sont les événements importants dans notre vie,
ceux que nous avons attendus
avec espérance et joie ?
Un diplôme de fin d'études ?
Le retour d'un ami
?
Une naissance dans la famille ?
Un mariage ?
Le premier travail
?
Si nous pouvons attendre les événements de nos vies
avec tant
espérance,
qu'en est il de la venue de Jésus dans nos vies ?
Est-ce que je
l'attends vraiment avec enthousiasme ?
Quelle est l'espérance que je porte
pour moi-même,
ici, aujourd'hui et maintenant ?
Quelle est espérance que
je porte pour ma famille,
pour le milieu où je vis ?
Et ce n'est pas tout
:
Quelle est ma contribution active
pour que cette espérance que je porte
soit vraiment réelle?
En effet, même si le Christ
nous invite à
l'espérance et à la joie,
il nous donne des conditions
pour qu'advienne
vraiment le royaume, la promesse :
" Tenez vous sur vos gardes…",
c'est-à-dire vivez chaque jour sous le regard de Dieu…
(mais on peut
voir ça comme une surveillance divine !).
Alors, je dirai plutôt vivre chaque
jour l'amour vrai
qui dissipe en nous tout attachement désordonné.
Oui
dans l'espérance,
il y a toujours la vie,
même dans les événements
douloureux et regrettables :
oui, projet de vie pour moi-même
et projet
d'amour pour l'autre dans ce qu'il est.
Pour avoir un projet d'amour et
d'espérance
pour moi-même et un projet de vie pour l'autre,
il importe que
je sache qui je suis et qui est mon Dieu.
Ne nous gargarisons pas
:
l'espérance serait une illusion et
le Dieu que nous prétendons
prêcher
deviendrait une idéologie
si nous ignorions de façon
expérientielle
notre identité personnelle et celle de Dieu.
Autrement dit,
la promesse dont il en est question
dans la première lecture du premier
dimanche de l'Avent,
nous n'en verrions jamais la réalisation,
ni pour
nous mêmes ni pour les autres.
Pour conclure,
Peut=être que cette histoire
d'Anthony de Mello nous aiderait :
" Une femme était dans le coma et se
mourrait.
Elle eut soudain l'impression qu'on l'amenait au ciel
et qu'elle
se trouvait au lieu du jugement.
- Qui étés vous? demanda une voix.
- Je
suis la femme du maire, répondit elle.
- Je ne vous ai pas demandé
de qui
ètes vous la femme, mais bien qui êtes vous ?
- Je suis la mère de quatre
enfants.
- Je ne vous ai pas demande de qui vous êtes mère,
mais bien qui
vous êtes?
- Je suis maîtresse d'école.
- Je ne vous ai pas demande
quelle est votre profession,
mais bien qui vous êtes ?
L'échange continua
comme ça,
Quelles que furent ses réponses,
la dame ne sembla pas fournir
la bonne à la question :
Qui êtes vous ?
- Je suis chrétienne.
-Je ne
vous ai pas demande votre religion,
j'ai demande qui vous êtes ?
-Je suis
celle qui est allée à l'église tous les jours
et qui a toujours aide les
pauvres et les miséreux.
- J'ai demande non ce que vous avez fait,
mais
qui vous êtes ?
Elle a manifestement échoué son examen
puisqu'on l'a
renvoyée sur terre.
Quand elle se remit de sa maladie
, elle décida de
découvrir qui elle était.
Et cela fit toute la différence ."
Il est très facile de se définir par ce qu'on
fait.
La vraie définition est dans ce qu'on est.
Alors, mon frère, ma
sœur,
au début de ce temps de l'Avent demandons-nous :
Qui suis-je ?
Où se trouve mon charisme :
dans ma personne ou dans mes œuvres ?
Une
intériorisation de ces questions pourra nous aider
à retrouver notre vraie
identité,
la vraie identité de notre famille humaine,
et la vraie Identité
du Dieu qui vient à notre rencontre,
qui réalise ses promesses et sauve son peuple.
