Serge St-Arneault
Lettre du Malawi No 80
Chézi, 5 mai 2010
Depuis décembre dernier, mes ‘Lettres du Malawi’ ont pris un goût particulier
avec le 20ème anniversaire du décès de ma sœur Annie.
Un passage obligé qui m’a permis une réflexion sur le thème de la souffrance.
Cela s’en imposé à moi naturellement, attentif aux inspirations du moment.
Et pourtant, la vie continue avec ses lots de surprises.
Parle-nous de toi, de me dire ma petite maman. Par où commencer?
Reprenons le récit depuis le début. Je suis arrivé au Malawi en septembre 2001.
De fait, je viens de relire mes précédentes 79 ‘Lettres du Malawi’
et m’est venu une idée;
les publier. Avec des petites retouches ici et là,
quelques photos en plus, qui sait, cela pourrait vous intéresser.
Au rythme d’environ une lettre par mois,
voici se déployer devant mes yeux le journal d’une décennie.
Je vous offre les premiers mots d’introduction du livre:
Les premières impressions sont généralement les plus vives.
Je me souviens d’avoir été profondément troublé
et inquiet lors de ma première expérience en sol africain au Zaïre en 1980,
à l’époque du président Mobutu Sésé Séco.
Je croyais connaître l’Afrique pour avoir mémorisé les noms de tous les pays
avec leur capitale. Il me manquait l’expérience du terrain.
— Ne t’habitue jamais à regarder les femmes porter de lourdes charges sur leur tête
comme si cela était normal. C’est une tâche si accablante.
Ces paroles d’un confrère résonnent encore dans mon cœur. Le danger est là.
La réalité finit par devenir familière, même la plus offensante.
On s’habitue à tout, ou presque, pour tenir le coup,
pour survivre, pour se protéger psychologiquement. Mais, il ne faut jamais oublier.
C’est pourquoi j’écris de petites histoires à mes parents et amis.
J’écris sans autre ambition que de partager un petit coin de mon vécu.
C’est ainsi que les ‘Lettres du Malawi’ sont nées.
L’avènement d’Internet m’a permis d’écrire plus souvent, plus rapidement,
non sans difficulté, comme ce récit d’une décennie vous le montrera.
Je n’ai jamais songé à publier ces petites histoires.
Mais voilà que l’idée a surgi comme l’aboutissement normal d’un voyage.
Je vous invite à découvrir de nouveaux visages qui deviendront vos frères et sœurs.
Comme la rosée du matin étale ses perles sur une toile d’araignée
en évoquant une rivière de diamants sous les rayons du soleil,
ainsi les ‘Lettres du Malawi’ se transforment en une rivière de diamants
sur la vaste toile d’Internet. Bon voyage!
Devinez-vous le titre du livre? Rivière de diamants, journal d’une décennie au Malawi.
Il ne s’agit pas d’une œuvre littéraire mais d’un bref partage ‘historique’.
J’ai l’impression d’avoir dit si peu.
Étonnamment, presque 200 pages s’aligneront pour vous guider de Kanengo
à Mua en passant par Mzuzu et la Zambie pour aboutir à Chézi.
Lieux étranges aux contours indéfinissables marqués par une langue,
le Chichéwa, qui recèle un trésor difficile d’accès.
Parle-nous de toi! Oui, je le veux bien.
Tout comme j’espère être à votre écoute lorsque je serai de retour au pays
dès le mois d’août prochain pour une année sabbatique.
En effet, mes confrères m’ont proposé une année d’études à Québec
en informatique, cours de logiciel de mise en page,
graphisme et sites Internet en prévision d’un retour au Malawi
au service de la Province d’Afrique Australe.
J’aurai aussi la chance d’accompagner la communauté Africaine catholique de Québec.
Que demander de mieux?
En attendant, je remplace le curé, André Bilodeau,
qui sera de retour de congé le mois prochain.
Les activités pastorales ne manquent pas; tournées dans les villages,
préparation de différentes célébrations, travail de bureau et réunions.
Vraiment, Chézi est un bel endroit et les gens sont sympathiques.
Que pensez-vous de mon projet d’édition
qui comprendra aussi la traduction du livre que j’ai écrit
à propos du Centre Artistique et Culturel de Kungoni?
Je suis un peu anxieux d’entendre vos réactions.
Pour me rejoindre: sergestarno@gmail.com
Voir photos sur le site: http://sergestarno.blogspot.com
