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LE BON DIEU JOUE-T-IL AU FOOTBALL ?
COUPE DU MONDE 2010 EN AFRIQUE DU SUD

Salvador Muños-Ledo, père blanc mexicain, est animateur d'une école de la paix
où on essaye de reconstruire la personne humaine d'enfants
qui ont été enrolés de forces dans les factions rivales
qui se font la guerre dans l'est de la Répuplique Démocratique du Congo.
Peut-on "restaurer" la vie des ex-enfants soldats ?
Salvador s'est engagé sur ce chemin dans la ville de Bunia
où jusqu'à aujourd'hui on vit dans l'insécurité.

Il écrit le 29 juin :
« Aujourd’hui nous célébrons les 50 ans de l’Independence du Congo
dans une ambiance de fête un peu mitigée.
Pas mal d'expatriés (les étrangers qui vivent au Congo)
ont reçu des messages par téléphone leur annonçant
qu’une attaque des groupes armés serait prévu pour aujourd’hui.
Il y a eu aussi des menaces de mort contre certains d'entre eux,
spécialement contre ceux qui travaille dans le domaine de justice et paix,
pacification et droits de l’homme. Donc, tout les expatriée des Nations Unies
et des ONG sont consignés a résidence jusqu’au 2 Juin.
Quand à nous (les «missionnaires», nous allons assiter au défilé
et aux manifestations culturelles organisées en ville
pour les 50 ans d'indépendance et faire encore beaucoup de photos.
(Salvador est le photographe du calendrier canadien des Pères Blancs).
Je t’envois en pièce jointe un article que j’ai écrit sur le foot.
Juste pour le plaisir de le partager avec les confrères, parents et amis du monde entier,
qui, comme nous au Congo prennent un temps de pause,
se mettent à rêver (et même à prier) devant le spectacle du Mundial 2010.»

«Et Dieu ? Vient-il à la coupe du monde ?

Toutes les nations se retrouvent derrière un ballon
pour vivre ensemble la Coupe du Monde Afrique du Sud 2010.
Ce sont des jours de fête, jours de commerce,
jours de concurrence et de passions les plus folles.
Bien que le football ne soulage pas la faim et n’arrêtent pas les guerres,
le football est une pause au milieu d'un quotidien parfois très lourd
pour certaines peuples qui vivent les situations le plus douloureuses,.
Beaucoup plus que de stratégie du ballon rond, le football nous parle de la vie des gens.
Il témoigne aussi devant le monde de la foi des hommes :
un signe de croix ou les bras tendus vers le ciel, les yeux vers le haut pour supplier,
ou l'homme à genoux dans une attitude d'action de grâce.
Ces gestes se faufilent furtivement sur nos écrans de télévision
et nous laissent apercevoir une présence divine dans les stades de football.
Chaque déplacement sur le terrain, chaque tactique dans les matchs
permet aux amateurs d'applaudir la noblesse d'un geste de respect
ou de collaboration entre personnes et entre nations,
gestes qui ne sont pas monnaie courante sur nos écrans de télé
ou même dans notre vie quotidienne.
Un jeu propre et honnête fournit un exemple
de ce que pourrait être la politique commerciale de nombreux pays.



Un joueur, star du football, devient solidaire des autres
et renonce à son succès personnel pour le bien de l’équipe.
Il est un bon exemple pour tous les ambitieux et les égoïstes
qui n'hésitent pas à sacrifier les autres à leurs intérêts personnels.
Une équipe nationale de football, bien organisée et effective,
est un exemple concret pour de nombreux pays engagés aujourd'hui
dans des guerres ethniques qui les déciment.
Ce Mondial du football nous offre l'occasion de mettre en valeur
les aspects sociaux et moraux de toute compétition sportive.
Destinée à promouvoir le football au niveau mondial,
la Coupe du Monde aide à établir des relations amicales
et de coexistence pacifique entre les peuples d'origine, de langue,
de culture ou de religion différentes.
Elle contribue à préserver l'équilibre spirituel de la communauté humaine.
Par elle, nous établissons des relations plus fraternelles
entre les hommes et femmes de toutes les classes sociales, nations et cultures.
Des millions de personnes dans le monde vont au football l'après-midi
après avoir été à l'église, à la mosquée ou à la synagogue le matin.
Ce sont des personnes de foi qui croient en un Dieu universel.
Ces croyants et en même temps amateurs de football à son meilleur,
retrouvent au stade comme à l'église l'espoir
que tous les peuples peuvent s'entendre autour de valeurs communes,
autour d'un «jeu commun» obéissant aux mêmes règles.
Que l’effort mis dans cette première coupe de monde en Afrique
ne soit pas limité au succès sportif ou commercial.
Qu’il soit l’occasion tant espérée pour proclamer les valeurs humaines et religieuses,
la solidarité, le respect de l’autre, la loyauté et la bonne conduite.
Qu’il soit un temps pour proclamer que l’étranger n’est pas un rival
ou un ennemi à battre mais un don de Dieu fait à chacun de nous.
C'est tout simplement pour promouvoir cette fraternité
que Jésus-Christ a endossé le maillot de l'humanité
et est entré dans le jeu de la vie sur le terrain de nos combats quotidiens.»

Salvador Muñoz-Ledo.
Père blanc mexicain,
Missionnaire à Bunia, RD Congo

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