Notre Société > Soeurs Missionnaires d'Afrique
Moments passionnants de ma vie africaine
Jocelyne Morin, SMNDA
Originaire du Lac St-Jean, Jocelyne Morin a d’abord connu l’Afrique de l’Ouest
comme laïc missionnaire en lien avec la Société des Missions Africaines ( SMA ).
Puis, elle s’est jointe aux Soeurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique ( SMNDA )
avec lesquelles elle a oeuvré en Tanzanie;
elle est maintenant responsable des SMNDA qui travaillent dans 15 pays d’Afrique.
Elle nous parle ici de quelques aspects de son travail actuel.
Le développement en Afrique ne va pas aussi vite que l’on voudrait.
Les gens rencontrent de lourds défis qui pourraient les décourager,
mais ils choisissent l’espoir, non comme une conclusion logique,
mais comme un verbe d’action. Notre mission est d’espérer avec eux.
Janvier - Mauritanie
En marchant sur la grève, en Mauritanie, je jase avec Mamadou,
un gars de la Côte d’Ivoire. Il attend sa chance pour passer en Europe.
Avec lui, je regarde les bateaux de pêche au loin.
Il a fait la route, il y a 2 ans déjà, dans des conditions intenables et il a,
maintenant, peur de traverser la mer : beaucoup de ses amis sont morts
au large sur des bateaux de fortune. Retourner en Côte d’Ivoire ?
Pas question, alors qu’il est si près de l’Europe. Il espère que son cousin,
qui a réussi à entrer en Italie, le fera venir. Une sœur me raconte, ensuite,
son travail auprès de ces nombreuses personnes en transit.
Bien sûr, nos gouvernements du Nord se débattent
pour que leur police renvoie ces réfugiés chez eux.
Voilà une marche douloureuse qui n’est pas près de s’arrêter !
Avril - Kenya
Une sœur nous arrive de Londres, prête à travailler au Kenya,
pour lutter contre la traite des personnes.
Des statistiques indiquent que 4 millions de femmes et d’enfants
sont annuellement victimes de cette forme d’esclavage à travers le monde.
Jocelyne Morin, SMNDA, sur une plage en Mauritanie.
(Cliquer pour agrandir et lire la légende)
Juillet - Lac St-Jean
Je suis en vacances au Lac St-Jean après une absence de 3 ans.
Ce matin, nous enterrons les cendres de papa ainsi que celles de maman,
qui m’a attendue pour partir vers le Seigneur.
C’est si réconfortant de vivre ce dernier décès en étant avec ma famille.
Je refais mes forces et je retrouve mes racines;
ainsi, je pourrai repartir au Kenya, en pleine forme.
Août - RD Congo
Une bonne nouvelle m’arrive : une plus jeune soeur peut commencer
des études en Arts et Métiers en RD Congo.
Alors, dans 3 ans, elle pourra prendre en main
un de nos centres de promotion de la femme.
Des sœurs plus âgées, riches de nombreuses années d’expérience, les forment.
Ici, les jeunes sont plus nombreuses que les adultes;
nous mettons notre espoir en ces filles.
Si elles peuvent continuer de s’instruire,
elles remettront à plus tard mariage et grossesse.
On sait qu’elles seront capables d’améliorer leur niveau de vie
et celui de leur famille. En conséquence, cela aidera à la prospérité de leur pays.
Septembre - Tanzanie
Une de nos sœurs de Tandale, en Tanzanie, vient nous saluer à Nairobi,
alors qu’elle participe à une formation sur le développement durable.
La population de Tandale, comme celle de beaucoup d’autres endroits d
e nos grandes cités africaines, a presque doublée en 15 ans.
Le réchauffement de la planète qui cause des inondations
et une rapide désertification dans certaines régions
accélère la migration vers les villes.
Elle me parle de cette Belge qui travaille comme volontaire avec elle
au centre de formation des jeunes femmes.
Nous souhaitons la venue de plusieurs autres jeunes volontaires
qui voudraient, pour un temps, collaborer à la mission.
Octobre - Burkina Faso
La Supérieure, à Ouagadougou, vient de me skyper ( contacter )
pour me parler de notre œuvre Delwende.
Plus de 400 femmes, chassées de leur village
parce qu’accusées d’être sorcières, y résident.
Pendant les dernières inondations, elles ont pu se loger temporairement
dans une école. Voilà qu’elle m’annonce que le nouvel évêque
a fait du sort de ces femmes une priorité dans son plan pastoral.
Il veut s’attaquer aux causes de la grande injustice que ces femmes subissent.
Sans doute, un fruit du synode africain de l’an dernier.
Jocelyne en congé au Lac St-Jean.
(Cliquer pour agrandir et lire la légende)
Novembre - RD Congo
L’école maternelle de Bukavu, RD Congo, m’accueille.
Je passe quelques jours avec les sœurs dans cette école
que nous avons ouverte dans notre maison située dans un secteur
fortement peuplé et très pauvre, où la population souffre
d’un conflit armé qui semble interminable.
À la demande des familles, nous avons créé de l’espoir
en accueillant 90 enfants dans notre maison.
Les sœurs travaillent à renforcer les valeurs traditionnelles
et à transmettre les valeurs évangéliques.
Ainsi, elles aident les mamans à trouver une meilleure façon
d’éduquer leurs enfants à la maison.
L’école est aussi un espace de liberté où les enfants
et leurs parents peuvent rêver et pratiquer une nouvelle forme de société,
sans violence et sans corruption.
Nous favorisons le dialogue interreligieux dans les classes et nous présentons,
aux enfants, une vie interculturelle qui va à l’encontre du tribalisme croissant.
Cela affecte toutes les classes sociales de Bukavu.
Tous découvrent de nouvelles compétences sociales
qui pourront mener à une nouvelle société.
Les sœurs me parlent de leur projet de planter 400 arbres
sur notre terrain pour lutter contre l’érosion.
Décembre - Tchad
Je prépare ma visite à Deli, au Tchad, où je passerai Noël
et le Nouvel An avec nos sœurs. Elles construisent, en ce moment,
une maison en dure : elles vivent dans des huttes au toit de paille
qui a besoin de réparations. Elles y ont un apostolat varié :
le centre de santé pour les plus démunis, l’enseignement à l’école du village,
le soutien de la coopérative des handicapés
et la culture des plantes médicinales
avec un service de soins en médecine naturelle.
Elles participent à la pastorale de l’Église locale tchadienne,
en y ajoutant une attention spéciale pour ceux
et celles qui n’ont pas encore entendu le message.
Le village de Deli m’a toujours fait rêver :
je crois que je suis devenue Soeur Missionnaire de Notre-Dame d’Afrique (SMNDA)
pour ce genre de vie simple avec les gens au village.
Après le récit de ces événements vécus en 2010,
je constate que « la moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». ( Luc 10, 2 )
Dans cette perspective, nous travaillons à l’éveil des vocations religieuses.
Je suis convaincue que Dieu appelle encore des femmes de partout
à se joindre à son entreprise.
J’offre au Seigneur la petite contribution que nous apportons
à l’émergence d’un monde nouveau qui sera juste, pacifique,
compatissant et écologique.
C’est ma joie de continuer à le servir en Afrique, avec mes Sœurs.
Comme j’aimerais que nous soyons plus nombreuses ! Il y a tellement à faire !
Jocelyne Morin, SMNDA
msolapro@msolaprovafr.co.ke
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