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LES LAIQUES MISSIONNAIRES
NOTRE DAME D`AFRIQUE - LMNDA
Canada-USA-Mexique


TÉMOIGNAGE DE CÉCILE GAMACHE, LMNDA ( BURKINA FASO )

Avant la mission, il y a eu la préparation.

Exprimer un souhait, un désir que l’on ressent depuis la tendre enfance.
Un rêve mis de côté pour «faire sa vie». Laquelle?
Car peut-être en avons-nous plus d’une.
La vie Avec, la vie sans puis de nouveau la vie Avec.

La vie sans malgré une intuition en parallèle,
quelque chose d’enfouie intérieurement, que l’on ne sait pas nommer.

Puis la vie que l’on croit être celle que l’on doit avoir.
Celle que l’on suit sans écouter la voix intérieure
qui petit à petit diminue de volume, se range sagement.

Un jour, un chant, un voyage, une rencontre,
une révélation et la voix se fait entendre plus forte.
Elle devient un besoin, une nécessité.
On l’écoute et le chemin du bonheur se trace peu à peu. C’est la vie Avec.
Lenteur, patience, persévérance, accompagnement, guide,
soutien car ce chemin ne se fait pas seul.
Il me fallait retrouver cette foi qui nourrit, qui apaise
et donne le courage d’avancer, de risquer.
Cette foi immuable qui nous fait aimer la vie
dans toutes ses formes, sous tous ces aspects.
Il nous faut être entouré, écouté, guidé, consolé.
Accepter de changer son regard et accepter de renaître.

Sans cette formation offerte par le Programme intercommunautaire de formation missionnaire (PIFM), aurais-je durée quatre ans au Burkina Faso?

Voici le témoignage très intéressant de cette laïque missionnaire....

 


FRANCINE ET JEAN-JACQUES ALLAIRE, UN COUPLE CANADIEN,
SONT À NOUVEAU EN AFRIQUE, EN TANZANIE.

ILS SONT MEMBRES DES "LAÎQUES MISSIONNAIRES DE NOTRE DAME D'AFRIQUE" (LMNDA), une organisation fondée par des volontaires en coopération avec des Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique (SMNDA ou Soeurs Blanches). Francine et Jean-Jacques nous envoient leur journal de voyage.


KARIBU KASAMWA! ( Avril 2012 )


KARIBU KASAMWA! OK! Il nous avait dit Karibu Kasamwa, le père Jean Lamonde,
un Missionnaire d’Afrique (Père Blanc) québécois… et on a dit pourquoi pas?
Pas qu’on avait tellement envie d’aller en brousse, après Murutunguru,
on trouvait que c’était déjà pas mal mais bon.
On s’est dit que ce serait agréable de le revoir et de voir un peu ce projet
dont il nous avait parlé.

On est donc parti tôt un matin pour Bukumbi
où nous avons pris le traversier. Nous avions choisi de conduire jusqu’à Bukumbi
puisque nous connaissons déjà le chemin qui est pavé et bien beau.
On aurait pu aussi bien prendre le bateau ici à Mwanza
mais le chemin allant du lac à Sengerema est plutôt mauvais.

Après une brève traversée de la baie de Mwanza,
nous nous arrêtons à l’hôpital missionnaire de Sengerema
pour saluer Doctor Sister Marie Josée.
Elle nous accueille chaleureusement malgré sa charge de travail impressionnante.
Pendant qu’elle est en réunion, nous allons visiter le centre de physiothérapie
toujours bourdonnant d’activités. Ici, certains physiothérapeutes
accueillent des patients sur place à la clinique de physiothérapie
alors que d’autres vont les traiter chez eux dans les villages environnants.
Ils et elles se déplacent à bicyclette ou à moto comme passagers.

À l’école tout près de l’hôpital, trois classes reçoivent des enfants handicapés,
une classe accueille des malvoyants, une autre, des malendants
et une troisième des enfants affectés d’autres handicaps.
L’endroit est un modèle à suivre, si seulement...

Après un bon repas pris en compagnie de Marie-Josée et de ses compagnes,
sœurs de Charles Boromé, nous prenons la route de Gaïta pour Kasamwa
qui est un peu plus près. On s’étonne de voir une route si belle.
C’est tout plat par ici et aussi très pauvre.
Le regard se perd dans ce vaste horizon parsemé de cases en boue séchée
et toit de paille.

Arrivés dans le village de Kasamwa,
nous cherchons la maison au toit vert… et peut-être bien une église.
JJ met son radar en marche et bientôt, nous voici à la maison
des Missionnaires d’Afrique de Kasamwa.
Nous sommes accueillis à bras ouverts dans cette belle grande maison,
bien aérée et haut de plafond, toute simple et presque neuve.
Avec ses grandes pièces peintes de frais en rose, framboise et abricot,
elle cadre bien avec la plaine immense et les quelques fleurs qui l’entourent.
Des panneaux solaires fournissent l’énergie nécessaire
pour éclairer les pièces la nuit et faire tourner quelques machines indispensables.
L’énergie solaire, c’est peut-être bien l’œuvre du Père Bedel?
On voit sa trace partout!

À côté de la maison, un chantier de construction, c’est l’église!
Les matériaux sont là, briques, ciment, sable, etc. et les gens de la paroisse
s’affairent à ériger leur église. N’est-ce pas formidable?
Quand on pense que chez nous, les églises sont vendues et qu’ici,
on en construit de nouvelles… c’est un autre monde!

Les prêtres de cette communauté internationale proviennent de quatre pays différents,
le Canada, la France, le Malawi et le Congo.
Le père Colin, du Malawi, nous raconte que les gens sont étonnés
de voir qu’il ne parle pas bien le Swahili… il doit expliquer souvent qu’il ne vient pas d’ici!
Le père Pascal, en bon Normand, est fier de faire goûter à JJ
le calvados fabriqué par son père! Nous passons une soirée très agréable!

Nous repartons le lendemain après une longue promenade à pieds dans le village,
le cœur plein d’espoir pour les habitants de ce petit coin perdu
qui sont bien accompagnés pour faire face à l’avenir…


CLINIQUE ET ÉCOLE PRIMAIRE DE MURUTUNGURU!
( Avril 2012 )


Ce matin, à la clinique de Costa située au presbytère de la paroisse de Murutunguru,
une de ses patientes attend sagement à côté de sa mère
qui porte sa dernière-née dans son dos. C’est Zanya et elle a quatre ans.
Ses yeux immenses et expressifs animent son petit corps affaibli par la paralysie cérébrale.
Il y a déjà un moment qu’elle vient à la clinique, tous les jours depuis deux mois en fait.

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Mama Zanya et Zanya, exercices.
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À son arrivée, elle ne tenait pas assise et restait étendue, sans force.
Aujourd’hui, après de nombreuses sessions de massages et d’exercices,
elle s’assoit sans problème et avec joie puisque cette position lui permet
d’observer ce qui se passe autour d’elle.
Son papa menuisier lui a fabriqué un petit siège en coin
qu’il a installé à l’ombre près de la porte de la maison.
Ainsi de son petit coin, Zanya observe la vie domestique.

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Mama Zanya, Debi, Zanya et Paskazia avec un pied-bot.
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Repos por Zanya ... et Mama.
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Bibliothèque de l'école.
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Costa nous a demandé des barres parallèles pour aider Zanya
dans la prochaine étape de son traitement.
En posant les mains sur les barres, elle arrive à tenir debout
et à faire un pas ou deux. Les muscles de ses jambes sont encore très faibles
et elle se laisse vite tomber par terre. L’étape sera longue à franchir
et demandera beaucoup de courage de sa part et de celle de sa mère
mais elle devrait arriver à marcher. Déjà, elle fait ses exercices toute seule,
ramène ses genoux vers elle et allonge les jambes,
sous le regard intrigué de Debi, sa petite sœur de sept mois.

Le lendemain d’un match de foot, deux jeunes gens attendent leur tour à la clinique.
Le premier a le poignet gonflé et l’autre a mal au genou!
Le foot, on ne peut y échapper, ici comme ailleurs, c’est une véritable folie.
Nous faisons connaissance avec le blessé au genou qui s’appelle Joshua
et enseigne à l’école primaire de Murutunguru.
Quand il reviendra demain faire envelopper son genou malade,
il nous emmènera visiter son école.

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Salle des professeurs, Joshua à gauche.
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Élèves . . . dans une classe de 3ième année.
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Élèves . . . dans une pré-maternelle, maternelle.
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Nous voyons des classes de plus de cent vingt enfants
(quand on dit qu’il y a beaucoup d’enfants à Ukerewe…)
dont le quart est assis par terre faute de tables et de chaises...
Avec l’aide d’un prof qui nous sert d’interprète, nous leur parlons de l’importance
de bien étudier. Nous en profitons aussi pour mentionner les soins gratuits offerts
par Costa et la possibilité pour les enfants sourds de fréquenter l’école de Tabora, etc.

Discrètement, on nous amène une petite fille aux jambes déformées,
une autre avec un problème de hanche, un garçon qui ne peut pas redresser la tête …
oui, il y a des enfants handicapés qui fréquentent l’école.
Les profs se disent intéressés à sensibiliser les enfants
et les parents à la cause des enfants pas comme les autres.
On espère que ça fera boule de neige…
(Ah! est-ce une expression réservée aux pays froids???)

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Mama Zanya, Debi et Baba (polyo) à la maison.
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Zanya à la maison.
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Mama Zanya avec Debi, Francine et Zanya.
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Le directeur de l’école nous montre leur bibliothèque qui tombe en ruine
et quand nous lui demandons ce qui manque le plus dans leur école,
il nous dit qu’ils ont besoin de jerseys. C’est quoi ça?
Oui, vous savez, des chandails de sport pour l’équipe de foot de l’école!
Comme je disais plus tôt, le foot c’est la folie…


Piki-piki!

Tel que convenu, Costa arrive à Mwanza par le bateau de vendredi matin.
C’est un grand jour pour lui comme pour nous,
car c’est aujourd’hui que nous lui achèterons la moto (piki-piki)
qu’il nous a demandée l’année dernière.
Ainsi équipé, il pourra se rendre dans les postes éloignés
que nous avons visités ensemble il y a quelques jours.
Convaincus que les prix seraient plus élevés si nous étions les acheteurs,
nous demandons à Peter, jeune mécanicien de confiance,
de l’accompagner chez le marchand de motos
et de l’aider à faire un choix judicieux.
Lorsqu’ils ont terminé leur magasinage,
Peter revient pour nous dire le prix et repart avec le montant dans ses poches.
Ils reviennent un peu plus tard, Peter au volant et Costa en croupe,
chevauchant une machine toute neuve, brillante et pétaradante!

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C’est donc fait. Costa a son piki-piki mais il n’est pas encore prêt
à se lancer dans la circulation de la grande ville.
Donc, avant de partir avec nous pour aller à la Foundation Karibu
où l’attend Manon et ses enfants,
il demande à Peter d’aller faire le plein d’essence et de vérifier si tout fonctionne bien.

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Nous sommes accueillis à bras ouverts à la Foundation Karibu
où logent une douzaine d’enfants victimes de violence,
référés soit par la police ou par l’hôpital.
Les enfants qui sont accueillis ici reçoivent les soins
dont ils ont besoin et beaucoup, beaucoup d’amour!
Eux qui ont vécu l’horreur dans leur famille,
ne tardent pas à être transformés par toute cette attention
et enfin à guérir quand c’est possible.

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Costa se met à l’œuvre et traite quelques petits membres blessés
tout en enseignant à l’employée la façon de s’y prendre.
Manon aimerait qu’il vienne une fois par mois
pour donner des traitements et aussi pour montrer à ses employés
comment soigner certaines blessures.
C’est entendu, il viendra un samedi par mois.
Il ne dit pas  s’il viendra avec sa moto ou pas, c’est à voir.

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À propos de moto, durant notre absence, notre beau Peter
en rentrant à Capri Point s’est fait arrêté par la police!
On le soupçonne, avec ses habits usés, d’avoir volé cette belle moto toute neuve
et on le menace d’emprisonnement parce qu’il conduit sans permis ni casque protecteur…
Il se défend si bien que la police l’accompagne à la maison
pour vérifier auprès du propriétaire de l’engin mais…
Costa n’est pas là et Anne Brigitte est à Bukumbi chez les lépreux.
C’est Ali, le cuisinier, qui explique la situation à l’agent et, pour appuyer ses dires,
téléphone à Anne-Brigitte qui explique à son tour à l’agent
que Peter est mandaté par Costa qui vient d’acheter une moto pour Ukerewe,
qui n’ose pas conduire en ville, etc.
Tout cela se passe devant le pauvre Peter qui n’en mène pas large!
Enfin, les explications de Anne-Brigitte finissent par convaincre l’agent,
sinon de l’entière innocence de Peter du moins de ses bonnes intentions!

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C’est un ami de Peter, détenteur de permis,
qui ira conduire Costa au bateau en fin de journée.
On l’a appris après coup, ces jours-ci,
la police mène une campagne de sécurité axée sur les motos
à cause du nombre croissant d’accidents les concernant.

Non, on ne s’ennuie pas!