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Quelques photos de Márcio Sampaio, après son ordination.
Quelques photos de Márcio Sampaio, après son ordination.
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| (Cliquer pour agrandir et lire les légendes) | |
21 septembre 2009,
fête de saint Matthieu,
81e anniversaire d'Hubert Roy, MAfr.
Lectures de la messe :
Paul aux Éphésiens, 4 "
Suivre fidèlement l'appel.. supportez-vous... humilité,
douceur... une seule
espérance, un seul corps et esprit.
Chacun a son don... pour que se
construise le corps du Christ. "
Psaume 18 (19) : " Par toute la terre s'en
va leur message et la nouvelle,
aux limites du monde. "
Évangile selon
saint Matthieu, 9 : " Appel du collecteur de l'impôt romain...
Qui a besoin du
médecin, les bien portants ou les malades?
C'est la miséricorde que je désire. "
Matthieu tout joyeux d'avoir été appelé par Jésus,
l'accueille chez lui avec enthousiasme...
Et se
déclare " publicain " pour montrer à ses amis
que nul ne doit désespérer,
pourvu qu'il embrasse une vie
meilleure.
Tout à coup ce " classifié pécheur "
est changé en apôtre de
Jésus,
un apôtre qui deviendra " missionnaire
en Afrique "
puisque sa
légende dit
qu'il mourut en
Éthiopie
(" pays des visages brûlés ", c'est
ainsi, dans la Bible,
qu'on appelle l'Afrique au sud du
Sahara).
Moi aussi, un jour, j'ai reçu cet appel
à être "
missionnaire en Afrique "
par l'intermédiaire d'un
conférencier père blanc,
invité par un ami,
notre
professeur de géographie,
à nous parler de la
Haute-Volta.
J'ai découvert une réponse à mes hésitations,
un institut
religieux qui vivait en communauté.
Auparavant des revues m'avait présenté
l'isolement des missionnaires en Chine,
au Viet Nam et spécialement chez les
Esquimaux du Grand Nord canadien.
Mais ce père blanc nous assurait qu'en
Afrique,
je partagerais ma vie avec d'autres prêtres ou frères...
Et me voilà au séminaire, en philo, chez les Pères
Blancs,
puis au noviciat à Maison-Carrée (Algérie) et en théologie en
Tunisie.
J'ai été ordonné prêtre le 18 avril 1954.
Grâce à Dieu, ce
furent des années de formation merveilleuses.
Je l'en remercie encore aujourd'hui de tout cœur.
Première nomination au Burundi. Que ce soit en paroisse
ou dans une école secondaire (un petit séminaire),
j'ai vécu dans des
communautés où rayonnait la joie.
Mais au moment où je préparais la
célébration de mes 25 ans d'ordination (de prêtrise),
des militaires avec
mitrailleuse pointée sur ma poitrine me remettent un message.
Je suis
déclaré " indésirable " au Burundi. On me donne l'ordre de signer.
Mais
signer quel texte? Indésirable, pourquoi ? Aucune explication n'était donnée.
Alors j'ai écrit en guise de signature : " Indésirable parce que je prêche
la justice,
la vérité, le partage, le pardon. " C'était en 1979.
De retour en France, que faire ? Un petit recyclage de
bible
et me voilà nommé " animateur missionnaire " à Angers, dans mon diocèse d'origine.
Voilà qu'à l'occasion d'un pèlerinage à Rome, en février
1984,
le supérieur général des Pères Blancs, Robert Gay, me propose le
Brésil.
Quelle surprise ! Un " missionnaire d'Afrique " au Brésil ?
J'aurais une langue nouvelle à apprendre ?
Après réflexion, j'accepte
mais à une condition,
celle de pouvoir vivre dans une communauté qui mérite ce nom.
Ce ne fut pas facile. Un jour, après un an et demi au
Brésil, à Curitiba,
j'annonce aux deux autres que je vais acheter mon billet
d'avion. "
Dans les conditions où je suis, je ne puis continuer. "
De ma
part, je le vois maintenant, c'était un peu du chantage
dans l'espoir que le
dialogue trouve une place parmi nous.
(Il y avait des divergences de vue sur
la manière de vivre en communauté
et de faire l'animation missionnaire au
Brésil.)
En pratique, ce n'était pas le martyre qu'a connu saint Matthieu
qui m'attendait,
mais celui du déchirement entre la réalité et mon idéal. La crise a été surmontée.
Après sept ans de présence,
j'écrivis de nouveau à
Rome pour demander à repartir en Afrique.
Et lui de me répondre : " Je
comprends ton désir..., mais tiens le coup! "
J'étais bien loin de mes rêves
de 17 ans, avec l'Afrique au loin
et toujours une communauté trouvant difficilement le chemin de notre action au Brésil.
Et le temps passe... des changements au mieux pour la
vie communautaire,
même si d'autres points, comme l'animation vocationnelle,
laissaient encore à désirer.
Nous étions très engagés dans l'animation d'un
paroisse très vivante,
Notre-Dame Aparecida (patronne du Brésil), à Pinhais,
près de la grande ville de Curitiba,
État du Parana.
Des jeunes venaient
et repartaient après quelques années avec nous
mais nous étions de plus en
plus connus dans certains diocèses.
Trois Brésiliens avaient fait leur
engagement dans notre Société et étaient en Afrique,
Rafael (alors au
Rwanda, maintenant au Congo RDC),
Luciano (au Congo RDC) et Marques (alors
au Mali,
maintenant aux études d'arabe et d'islam à Rome).
En 2006, une bombe nous atteint de plein fouet :
une
décision de la maison généralice.
Fermer. Vendre. Sortir du pays.
Deux
confrères Ferdinand (Hollandais) et Roger (Ghanéen) ont quitté le Brésil,
nommés au
Ghana. Nous restions trois pour suivre quelques jeunes
en
formation jusqu'à fin 2008.
Un autre candidat, Marcio, était alors au
noviciat de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso.
Il a fait son
stage à Lubumbashi, Congo,
et est maintenant en 2e année de théologie à Abidjan.
En octobre 2008, notre supérieur général, Gérard
Chabanon,
revint nous visiter pour régler les derniers détails.
Le curé
de la paroisse que nous animons depuis plus de 20 ans, Odilo Cougil,
fut
alors nommé au Mexique. À l'occasion des derniers pourparlers avec l'évêque de
Curitiba,
le supérieur général lui a demandé s'il pourrait continuer à
m'accueillir
comme résident dans son diocèse.
Ainsi, officiellement, je
n'étais pas un " rebelle "
et la Province des Amériques pouvait m'intégrer
comme les deux autres du trio nommés au Mexique, Odilo et Angelo Quim Um Lee.
Finalement, nous n'avons pas pu vendre la maison
et
nous l'avons loué à une communauté de religieuses
qui s'occupent de la
réhabilitation des drogués.
Je loge maintenant dans une partie de la maison,
réservée à l'usage de la Société (accueil, animation, adresse officielle au Brésil).
Ces jours-ci, Angelo est arrivé lui aussi au Mexique.
Moi, cette semaine, je retourne au Brésil, certes encore loin de l'Afrique,
mais toujours au service de l'Église d'Afrique,
prêt à accueillir et
orienter des jeunes attirés par la publicité que nous avons relancée
dans les revues catholiques à grand tirage...
Je serai dans une communauté squelettique,
une
communauté en attente de confrères pour l'étoffer.
Invitation à tous les
confrères qui aimeraient y passer quelques mois de vacances
tout en
expérimentant la vitalité chrétienne des Brésiliens (190 millions en 2009)
et en visitant les merveilles de ce pays grand comme un continent,
beaucoup plus grand que l'Europe, presque aussi grand que le Canada.
Le psalmiste (psaume 125) ne reconnaît-il pas que " Qui
sème dans les larmes
moissonne dans la joie " ? Pour vivre cette vraie joie,
don de Jésus,
j'ai besoin de vos prières pour tenir le coup.
Matthieu a écrit un évangile pour relancer l'appel,
inviter les hommes et femmes de son temps à suivre Jésus.
Certes, je
n'ai pas son talent.
Mais priez pour que je puisse relancer une " Lettre aux
amis "
qui nous ferait mieux connaître à travers le Brésil
où la plupart
des 300 grands-séminaires diocésains sont pleins.
Du Mexique, Angelo et
Odilo vont continuer à s'intéresser à l'animation
et à l'accueil des
candidats brésiliens à la vie missionnaire.
D'Afrique, Rafael, Luciano et
Marques, de même que les deux étudiants,
Marcio et Alessandro, vont continuer à intensifier notre appel aux jeunes.
L'Église du Brésil est vivante et je suis heureux d'y
vivre encore,
comme un petit pont entre les mains de Dieu,
faisant le
lien entre le Brésil où l'on m'a transplanté il y a 25 ans
et l'Afrique dont
on pensait me déraciner.
Mais tout le Brésil garde bien vivantes ses racines
africaines
puisque 80 millions de Brésiliens ont des ancêtres africains...
En ce jour anniversaire, mon quatre-vingt-unième,
je
voudrais dire " Le Seigneur fit pour moi des merveilles "
à travers la Société des Missionnaires d'Afrique. Saint est son nom !
Hubert Roy
hubert@onda.com.br
© Les Missionnaires d'Afrique ( Pères Blancs ), 1640 rue Saint-Hubert, Montréal QC H2L 3Z3 |