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JACQUES CHARRON PERSISTE ET SIGNE !

Jacques Charron, 70 ans, continue en Afrique alors qu'il aurait pu choisir de revenir au Canada. Dans sa circulaire annuelle, il raconte ce qu'il fait et nous donnes ses raisons d'espérer. Il jette un regard sur l'Afrique qu'il connaît. Il travaille au noviciat des Pères Blancs de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Jacques a aussi servi il y a quelques années au Mali, puis en Côte d'Ivoire. Tous ceux et celles qui le connaissent liront avec plaisir qu'il n'a rien perdu de son enthousiasme et de sa générosité, de sa joie de vivre. C'est un beau message de Noël que nous vous présentons.


NOVICIAT DES MISSIONNAIRES D’AFRIQUE
( PÈRES BLANCS )
Samagan, le  14 décembre 2011.

 

Parents, ami(e)s et bienfaiteurs,

Ma dernière « lettre aux parents et amis » remonte à décembre 2009.
Déjà deux années d'écoulées depuis.
Me voilà rendu à ma quatrième année comme formateur
au noviciat des Missionnaires d'Afrique ici à Samagan,
dans la banlieue de Bobo Dioulasso, au Burkina Faso.

À mon dernier congé à l'été 2010, je vous avais annoncé que l'année suivante, 
je serais très probablement de retour au Canada.
On prévoyait me nommer à Montréal et la décision était presque prise.
Je me réjouissais de retrouver mon pays
et de  pouvoir y servir  encore quelques années.
Mais voilà que quelques jours avant les nominations officielles,
en février 2011, je recevais une lettre du Conseil Général de notre Société
me priant d'accepter de poursuivre mon travail ici pour une année
et si possible deux. En conscience, je n'ai pu refuser
et quelques minutes plus tard, je répondais par un oui franc mais exigeant. 

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Jacques en famille au Canada.
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Depuis, j'ai franchi une étape importante de ma vie.
Le 15 juillet dernier, je célébrais mes 70 ans.
Un mois plus tard, le 19 août, je me remémorais un autre moment de ma vie,
celui du cinquantième anniversaire de mon entrée chez les Missionnaires d'Afrique
à St-Martin de Laval au Québec. C'était  en 1961.
Déjà 45 ans d'écoulés depuis mon ordination presbytérale 
et plus de la moitié de ma vie, soit 36 ans, vécue en terre africaine.

Avec tout cela, comment va ma santé ?
Je continue de supporter la chaleur sans trop de peine.
J'ai connu ces deux dernières années des attaques répétées de paludisme
et cela affaiblit ! Et je prends peut-être plus de temps que d'autres à récupérer.
Mais à part cela, tout va bien.

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Jacques pendant une célébration avec des confrères africains.
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Ici au noviciat, je fais partie d'une équipe de quatre confrères. 
Grégoire Milombo, le responsable,
est originaire de la République Démocratique du Congo.
Dave Sullivan, lui, vient  de l'Irlande.
Denis Walsh et moi-même, nous sommes tous deux du Québec.
C'est la toute première fois depuis que je suis en Afrique
que j'ai la joie de travailler avec  un confrère canadien .

Chaque année, nous recevons un nouveau groupe de jeunes 
qui viennent vivre durant  dix mois une expérience d'intériorisation
et poser les bases spirituelles de  leur vie missionnaire de demain.
Cette année, ils sont 26. En tout, nous formons une communauté de 30 personnes
originaires de 14 pays et de trois continents différents,
soit la Zambie, Tanzanie, Malawi, Kenya, Nigeria, Ghana,
République Démocratique du Congo, Burundi, Togo, Mali,
Burkina Faso, Pologne, Irlande et Canada.
Quelle diversité mais aussi quelle vitalité et quel  dynamisme dans ce groupe !
La vie n'est pas du tout triste, croyez-moi !

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Jacques transmet la tradition "père blanc" à ses novices.
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La moyenne d'âge des étudiants est de 25 ans.
Tous ont obtenu leur baccalauréat ou son équivalent avant de se joindre  à nous.
Certains ont déjà été sur le marché du  travail. D'autres ont terminé l'université. 
C'est seulement après un temps de réflexion  d'au moins deux ans 
qu'ils ont été acceptés à commencer la  première  étape de leur formation
qui dure trois ans. Et c'est au terme de celle-ci qu'ils ont été nommés ici.
Si tout va bien, en août prochain,   ils seront envoyés
dans un pays autre que le leur pour deux années de stage apostolique sur le terrain.
Ensuite seulement, ils entreprendront des études plus spécialisées
soit en théologie ou dans un autre domaine.
En résumé, une moyenne de dix ans de préparation tant humaine,
intellectuelle, spirituelle qu'apostolique avant de commencer leur vie missionnaire
proprement dite comme prêtre ou frère.

Avec mes trois confrères, je donne des sessions de formation ;
j'anime des haltes spirituelles et j'accompagne quelques-uns d'entre eux
dans leur cheminement personnel.
À côté de cela, nous sommes  beaucoup sollicités à l'extérieur
pour apporter des éléments de formation à des consacré(e)s
ou encore pour animer des retraites ou des récollections.
Plusieurs profitent aussi  de notre cadre de vie paisible
pour venir vivre avec nous des temps  de silence, de recueillement ou de prière.

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Jacques en haut au centre, le jour de la prise d'habit au noviciat de Bobo-Dioulasso, en octobre 2011. À droite, 2e rangée, on reconnaît le frère Denis Walsh, originaire de Valleyfield, QC, un des quatre formateurs des novices. Le noviciat, officiellement "l'année spirituelle", est l'année de réflexion pour discerner quel est vraiment l'appel intérieur qu'un homme découvre en lui par rapport à sa vie.
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Ces dernières années, notre Société  connait une grande affluence de candidats.
Ils sont plus de 450 jeunes à se préparer présentement
dans nos différents Centres de Formation.
Ce sont des jeunes doués, généreux et qui ont parfois beaucoup hésité
avant de prendre leur décision de consacrer leur vie au service de l'Afrique.
D'ailleurs,  un des principaux objectifs du noviciat
est de les aider à vérifier s'ils ont véritablement cette vocation
et s'ils auront l'étoffe pour durer dans leurs engagements. 

Car la Mission en Afrique n'est pas plus facile aujourd'hui qu'hier.
De grands défis les attendent dans leur travail de demain.
Ici et là, l'intolérance se manifeste et le dialogue interreligieux devient plus  difficile.
Depuis deux ans, nos stagiaires se sont vus refuser l'entrée en Algérie.
Impossible d'obtenir un visa.

Une culture de la corruption et de l'impunité s'étend un peu partout.
Les populations paysannes sont de plus en plus exploitées, asservies.
La cherté de la vie conduit quelques fois les gens des villes à se révolter.
Un jour qui n'est pas loin verra se lever toute une jeunesse
sans travail contre des gouvernants qui tiennent coûte que coûte
au pouvoir et à ses avantages.

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Prise d'habit. Le supérieur provincial d'Afrique de l'Ouest, le P. Ignatius Anipu, remet à un novice la gandourah (vêtement traditionnel algérien) blanche qui est à l'origine du surnom des Missionnaires d'Afrique, les "Pères Blancs". Bien sûr que dans la vie courante, selon le désir du fondateur, le Cardinal Lavigerie, archevêque d'Alger, les Missionnaires d'Afrique sont habillés comme les gens chez qui ils vivent en Afrique ou au Canada, et selon les saisons.. Ainsi le burnous en laine blanche, faisant partie de l'habit des Pères Blancs, était la couverture, le manteau d'hiver des Algériens.
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C'est dans cette Afrique bien réelle que les jeunes Missionnaires d'Afrique
"Pères Blancs" seront envoyés pour témoigner du Monde Nouveau
inauguré par Jésus de Nazareth.
À leur tour, ils chercheront à entrainer d'autres personnes
à travailler avec eux à la libération et à la pleine réussite de la vie
de leurs frères et sœurs  qu'ils aiment profondément.

Voilà en quelques mots ce que je vis présentement.
J'espère bien poursuivre la conversation de vive voix avec vous bientôt.
En effet, je serai en congé en fin de juin 2012 pour deux bons mois de repos
et de détente. Peut-être aurons-nous  la joie de vous revoir ?

Je vous assure de ma prière et de ma bien fraternelle amitié !                                   

                                                                                                                                  Jacques
Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
jacques_charron@hotmail.com

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